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PROMENADE EQUATORIALE |
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| Exposé d'Aline Dedeyan - 15 avril 2003 - Table ronde ONG sur la Convention du génocide - 59e session de la Commission des droits de l'Homme |
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| Opéra - par Léon ROJAL « LE TOUR D'ECROU » DE BENJAMIN BRITTEN À GENÈVE |
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| FEMMES DE DICTATEURS Juan Gasparini |
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| PROMENADE BÂLOISE Léon Rojal |
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Léon Rojal
Le
portrait de Mademoiselle Gachet du Musée des beaux-arts
de Bâle correspond à ce que Vincent Van Gogh a toujours
voulu: "quelque chose de paisible et de plaisant, réaliste
et peint pourtant avec émotion, quelque chose de bref,
de synthétique, de simplifié et de concentré,
plein de calme et de pure harmonie, consolant comme une musique."Le 17 mai 1890 Vincent Van Gogh arrive à Paris, considéré comme guéri il a quitté l'asile de Saint Rémy en Provence. Le 20 il part de Paris pour Auvers-sur-Oise, petite localité proche de la capitale ou le Docteur Paul Gachet, grand amateur de peinture, assurera son suivi médical. Ce séjour commencé le 20 mai s'achèvera le 29 juillet 1890 par la mort de Van Gogh, à la suite du coup de révolver qu'il s'est tiré dans la poitrine le 27. Un mois auparavant il venait de terminer le portrait de la fille du Docteur Gachet peint "avec plaisir". Dans une lettre à son frère Théo du 26 ou 27 juin 1890 il écrit: "hier et avant-hier j'ai fait le portrait de Mademoiselle Gachet que tu verras j'espère bientôt, le vêtement est rose, le mur dans le fond vert avec un point orange, le tapis rouge avec un trait violet, le piano violet foncé, cela a un mètre de haut sur cinquante de large. C'est une figure que j'ai peinte avec plaisir mais c'est difficile." Deux jours avant le suicide de son frère Théo écrivait à sa femme Jo: "J'ai reçu une lettre de Vincent qui semble tout à fait incompréhensible, quand y aura-t-il un moment heureux pour lui? Il est si profondément bon." |
Parmi
les oeuvres de Chagall que possède le Musée des
beaux-arts de Bâle figure le portrait d'un homme heureux.Selon la tradition juive le monde repose sur trois piliers, l'un en est le service de Dieu mais depuis la destruction du Temple de Jérusalem, le service, les sacrifices ont été remplacés par la prière. "Je suis un mystique, dit Chagall, mon travail est ma prière." Une très grande partie de l'oeuvre de Chagall est inspirée par la pensée du hassidisme, ce courant religieux juif apparu en Pologne et en Russie au XVIIIème siécle qui privilégie la sagesse plutôt que le savoir, l'expérience plutôt que la doctrine, l'émotion vraie plutôt que le rite. Le tableau intitulé "La prisée" ou "Portrait d'un rabbin" est une double prière: c'est à la fois celle de l'artiste et celle du modèle car l'étude elle aussi relève du service de Dieu; l'étude du Livre, ce "livre unique selon Maurice Blanchot, dans lequel s'enroule une suite prodigieuse de livres, bibliothèque non seulement universelle mais qui tient lieu de l'univers et plus vaste, plus énigmatique que lui." Mais le judaïsme n'a jamais prôné l'ascèse, le rabbin ici interrompt sa lecture et s'accorde un petite récréation. D'une tabatière tenue délicatement, il porte à ses narines non moins délicatement une prise de tabac dont quelques grains-trois petits points rouges-tombent sur sa barbe. Dans le coin supérieur gauche, on distingue une partie d'un "arbre de lumière", d'un chandelier à sept branches dont la lumière d'un jaune très doux va se répandre sur tout le tableau. Dans le quart supérieur droit une étoffe de couleur verte , ce même vert que l'on retrouve à profusion sur la barbe du rabbin, ce vert couleur de la jeunesse et du renouveau, qui comme le proclame le sage, interdit d'être vieux c'est à dire interdit de renoncer à poser des questions, à s'interroger, à avancer, interdit de désespérer, de se résigner. |
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L'aleph première lettre de l'alphabet hébraïque,
symbôle de l'énergie, a une forme d'homme qui marche;
les hommes dans les sculptures de Giacometti sont des hommes
qui marchent. L'homme qui marche suit un chemin que lui-même
invente, qui n'existe que par sa marche, il se perfectionne,
se rapproche de son être propre, accomplit le commandement
de Nietzsche (qui fut professeur à l'Université
de Bâle) : « Deviens ce que tu es. » ![]() |
| Le canton de Bâle-ville est le plus
petit de la confédération helvétique, 37km2
et les deux tiers de ses limites sont des frontières
avec l'Allemagne et la France. Mais dans le cas présent
le mot frontière ne signifie pas grand chose : Bâle
est le centre géographique et économique d'une
région européenne, la Regio Tri Rhena constituée
par les deux cantons suisses de Bâle-ville et de Bâle-campagne,
du sud de l'Alsace, du sud du Bade-Wurtenberg et dont la population
est d'un demi-million d'habitants. Le seul canton de Bâle-ville
compte deux cent mille habitants, offre cent soixante-dix mille
emplois dont trente mille sont occupés par des frontaliers
venant quotidiennement de France et d'Allemagne et soixante mille
par des citoyens suisses résidant dans les cantons limitrophes.
Bâle peut s'enorgueillir de posséder le meilleur système de transports en commun d'Europe (principalement des trams). De l'autre côté du fleuve, sur la rive droite, le Petit Bâle un autre quartier ancien, au-delà les bâtiments de la foire et ceux des grandes entreprises pharmaceutiques, et plus loin encore, au nord-est Riehen l'une des deux communes rurales comprises dans le canton de Bâle-ville. Bâle est aussi une métropole culturelle : presque autant de musées que de Km2 dont à Riehen la fondation Beyeler qui abrite la collection de Hildy et Ernst Beyeler. |
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Le canton de Bâle-ville est le plus petit de la
confédération helvétique, 37km2 et
les deux tiers de ses limites sont des frontières avec
l'Allemagne et la France. Mais dans le cas présent le
mot frontière ne signifie pas grand chose : Bâle
est le centre géographique et économique d'une
région européenne, la Regio Tri Rhena constituée
par les deux cantons suisses de Bâle-ville et de Bâle-campagne,
du sud de l'Alsace, du sud du Bade-Wurtenberg et dont la population
est d'un demi-million d'habitants. Le seul canton de Bâle-ville
compte deux cent mille habitants, offre cent soixante-dix mille
emplois dont trente mille sont occupés par des frontaliers
venant quotidiennement de France et d'Allemagne et soixante mille
par des citoyens suisses résidant dans les cantons limitrophes.
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| Le plan des salles montre la richesse
de cette collection. Les deux cinquièmes de la surface
d'exposition sont consacrés à des expositions temporaires.
Cette « maison pour l'art » a été
réalisée par l'architecte italien Renzo Piano :
quatre murs parallèles de cent dix mètres de long supportent une verrière horizontale pourvue de huit cent soixante-quatre « brise-soleils » sensibles à la lumière du jour qui font que les uvres d'art baignent toujours dans une lumière naturelle optimale. Les murs de l'édifice sont recouverts de porphyre rouge ; la cathédrale aussi est rouge et ses autres couleurs elle les exhibe principalement à l'extérieur sur la toiture de tuiles vernissées. |
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| De l'autre côté de la place
de la cathédrale, dans l'axe de la Ritter-Gasse commence
la Augustiner-Gasse. Après le musée d'éthnographie
c'est la descente du Rheinsprung qui débute avec des demeures
patriciennes du XVIIIème siècle et se termine par
les plus vieilles maisons de Bâle (XVème et XVIème
siècles) ; au rez-de-chaussée de l'une d'elles
une boutique consacrée à l'Amour : en vitrine
des pommades, des gelées, des confitures roboratives et
aussi des pâtes italiennes en forme de « pudenda » ;
ces pâtes joyeuses auraient certainement amusé Casanova
qui séjourna à Bâle durant l'été
1762 à quelques pas de là, de l'autre côté
de la petite place de la Schifflände : « Nous
logeâmes chez le fameux Imhoff qui nous écorcha ;
mais les « Trois Rois » était la
meilleure auberge de la ville. » Deux cent quarante
ans après les « Trois Rois » existe
toujours, n'a rien perdu de sa renommée mais l'auberge
est devenue un grand hôtel, le plus ancien de Suisse. |
Léon Rojal
Reproductions
1)
Mademoiselle Gachet au piano. Vincent Van Gogh 1890
Hauteur 102.5cm Largeur 0.50cm
KUNSTMUSEUM de Bâle
2) La prisée.
Marc Chagall 1923/26
Hauteur 117cm Largeur 89.5cm
KUNSTMUSEUM de Bâle
3)
L'homme qui marche II. Alberto Giacometti 1960
Fondation Beyeler
4) Photo tirée
d'une brochure de l'office de tourisme de Bâle
5)
Fondation Beyeler, plan des salles
En ce qui concerne « La rose de Paracelse »
les citations sont extraites du deuxième tome des uvres
complètes de Borges, collection de la Pleïade, Paris.