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"Se retrancher dans le démenti et une opération
massive de dissimulation", fut la vaine réplique
du défunt président des Etats-Unis Richard Nixon,
devant les enquêtes journalistiques du Washington Post
qui ont provoqué sa chute, décrit Bob Woodward,
l'un des deux reporters qui l'ont fait tomber. (1)
Cela a été la tactique du Procureur Général
de la Nation d'Argentine, Nicolás Becerra, pour contrecarrer
les révélations de la première édition
de ce livre. Apparue en décembre dernier, elle est maintenant
renforcée, complétée et étendue,
reformulant la mise en page dans cette deuxième édition,
modifiant l'ordre initial des deux parties qui la composent.
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Distribution de mensonges aux journalistes qui l'appellent
pour connaître sa réaction devant ce qui est ici
révélé sur son passé et son présent,
menaces de plaintes pénales et civiles, contact avec des
avocats divers pour exercer un trafic d'influence et obtenir
des rectifications qu'il n'a jamais obtenu ni n'obtiendra, éviter
un débat télévisé face à face,
déclencher une chasse aux sorcières contre les
magistrats susceptibles d'avoir fourni des renseignements dans
la lourde
biographie déployée brièvement dans ces
pages, annonce d'une retraite de ses fonctions pour fatigue,
dissimulant les vraies causes de sa fuite en avant, ont constitué
la tactique employée par Nicolás Becerra pour intimider,
effrayer, neutraliser et détourner l'attention, gymnastique
inutile contre ceux qui sont imperméables à la
pression.
Le suivi au Chili de plusieurs groupes de gangsters a permis
à Rodrigo de Castro de démontrer que d'importants
militaires chiliens notoirement impliqués dans des violations
des droits de l'homme se sont aussi compromis, financés
et enrichis avec le trafic d'armes et de drogues.
Ces investigations m'ont permis de faire le lien avec le narco-terroriste
Monzer Al Kassar et son plan pour corrompre et blanchir de l'argent
en Argentine, un syrien lié au clan Pinochet et à
l'ancien président Carlos Menem, qui a été
naturalisé argentin de manière irrégulière
grâce aux services et manipulations de Nicolas Becerra.
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Le 24 janvier 2001, quand la première réédition
de ce livre avait déjà presque deux mois, a démissionné
à Londres le ministre pour l'Irlande du Nord, Peter Mandelson.
L'infraction présumée qui l'a provoqué fut
d'être intervenu par téléphone pour que soit
octroyé le passeport britannique au milliardaire d'origine
indienne, Srichand Hinduja.
Mandelson avait été le pilote de la campagne
électorale qui avait porté Tony Blair au pouvoir
en Grande-Bretagne. Et sa chute s'est produite au ministère
le plus sensible du gouvernement anglais, qui concerne la pacification
de l'Irlande du Nord.
Ainsi, pour un passeport supposé mal donné a
une personne honorable mais richissime, il a été
contraint de partir et il nelui a pas été possible
de retourner au gouvernement après avoir été
innocenté de toute responsabilité pénale
le 9 mars suivant. La persistance du soupçon sur les termes
du coup de téléphone, encore dans l'ombre du mystère,
qui aurait pu induire à commettre un délit dans
l'Administration de l'Etat, est aujourd'hui encore déterminante
dans son avenir politique. (2)
Disqualifié au plus haut poste de l'appareil judiciaire
de la République d'Argentine par son immixtion dans la
naturalisation illégale d'un gangster international et
de sa cour, avec le fait aggravant d'avoir utilisé ses
prérogatives pour protéger Carlos Menem et ses
acolytes de poursuites pénales, et facilité par
des moyens illicites son propre bénéfice personnel
et celui de ces amis, malgré cela Nicolás Becerra
a été promu. Depuis le 5 décembre 2000,
il est à la tête de la Présidence de l'Association
Interaméricaine du Ministère Public, qui rassemble
tous les Procureurs d'Etat du continent, y compris l'Espagne
et le Portugal.
Juan Gasparini, Genève, Suisse, le 12 mai 2001.
1. Revue dominicale du journal El País, Madrid, Espagne,
6mai 2001.
2. El País, Madrid, 25 janvier et 10 mars 2001.
    
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