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| Elles viennent des quatre coins du monde, des cinq continents. Elles ont toutes vécu ailleurs. Elles sont jeunes ou déjà proches de l'âge de la retraite. Elles ont suivi leurs maris dans leurs déplacements. Ceux-ci travaillent pour les Missions auprès des Nations Unies ou pour les différentes agences internationales que Genève héberge. Elles déplacent un foyer, toujours ailleurs, elles recréent une vie de famille. Souvent elles ont abandonné une carrière dans leur pays. Celles qui ont de la chance pourront renouer avec leur passé aussitôt de retour sur leurs lieux d'origine, parfois, elles parviennent à exercer leur métier à l'étranger. Elles ne chômeront de toute façon pas. Si les enfants sont à l'âge de la scolarité, elles se lancent dans l'idéal d'une éducation internationale. Tout au long de leur carrière de mère et d'épouse, elles ont lié amitié avec d'autres mères, d'autres épouses de pays différents. Elles ont pris goût à la différence. Leurs racines, internationales, sont devenues humaines. L'enfance heureuse qu'elles ont assurée à leurs familles, elles voudraient l'offrir à tous les enfants de la terre. Leur esprit civique a trouvé un vaste champ d'action. | En l'an 2000, la guilde avait trente ans. Quand a-t-elle acquis le statut d'Organisation non Gouvernementale. Ses représentantes prennent part à toutes les activités onusiennes. Mais là n'est pas l'essentiel. La guilde encadre les épouses qui arrivent dans un pays dont elles ne connaissent le plus souvent ni la langue, ni les coutumes. Elles y trouveront un accueil chaleureux . On ne se rend pas compte à quel point ceci est important quand il s'agit de recruter des fonctionnaires internationaux. Les comités se renouvellent. Les présidentes se succèdent. Celle de ces dernières années est indienne : Ghita Sundararaman héritière du mythe de la déesse mère, celle des cultures orientales. Mère universelle de toutes ces femmes qui viennent des quatre coins du monde, des cinq continents de la planète. Avec son sourire généreux et légèrement moqueur elle accueille toutes les nouvelles venues, les présente, les entoure, les oriente. Tout est possible au sein de la guilde. Elles peuvent s'intégrer dans un groupe de bridge ou de tennis ou de randonnée, s'initier aux cuisines des différents pays, acquérir une langue, l'anglais, le français, l'espagnol ou même l'arabe, goûter en groupe aux plaisirs de la lecture, pour la création artistique la guilde pourvoit aussi aux expositions. Les activités sont nombreuses, quiconque possède un talent le partage avec les autres... Mais quels que soient les goûts des unes ou des autres, il en est une qui les mobilise toutes, la plus importante, celle qui vise l'enfance heureuse. |
| D'année en année, l'activité
est intense : missions diplomatiques auprès des Nations
unies, fonctionnaires internationaux, entreprises nationales
ou multinationales participent à l'événement
: le bazaar. L'on se partage les taches : les stands nationaux,
les livres, les gâteaux, l'impression d'une brochure, la
publicité, la quête de lots pour la loterie,- pour
les enfants, l'on donne généreusement, les lots
sont d'importance: Amag offre chaque année une voiture,
c'est une coccinelle cette année, les agences de voyage
donnent des billets d'avion pour de lointaines destinées,
il y a aussi des montres, des bijoux, de quoi faire rêver.
-Les objets qui seront mis en vente viennent des quatre coins
du monde. Ils ont traversé les mers ou les airs ou bien
ils sont sortis des armoires qui veulent se délester de
leur superflu . Les Dames des Nations Unies disposent d'un local
au dernier étage de la villa des Feuillantines pour coordonner
cette intense activité et d'un autre, au sous-sol, pour
stocker les objets. Le jour dit, le 13 novembre cette année, la porte 40 des Nations Unies s'ouvre au grand public. On y accède par l'entrée de Pregny . Comme de bien entendu, la sécurité est vigilante. Il faut montrer patte blanche et carte d'identité. Cette année 2001 est vouée par l'Unesco au Dialogue des Cultures, le bazaar des Dames des Nations Unies est au coeur du dialogue. En cette veille de Noël l'on y trouvera un vaste choix de cadeaux, les nourritures offertes sont d'une variété à la mesure de la terre . Grands crus de différents pays : Californie, Australie, Amérique du sud, Japon; plats exotiques de toute provenance, à consommer sur place ou à emporter...solide concurrence aux restaurants officiels des Nations Unies, qui, ce jour-là, fonctionnent au ralenti. Là n'est pas la partie la plus difficile de l'entreprise. Il s'agit de placer cet argent , s'assurer qu'il parvient à destination, dans les poches de ceux qui oeuvrent pour le bien-être des enfants défavorisés et non pas dans celles d'administrateurs peu scrupuleux. Les Dames des Nations Unies sont bien placées pour connaître les besoins de leurs différents pays . Souvent elles sont elles-mêmes actives au sein de groupes concernés par les problèmes sociaux. Les sommes accordées sont modestes. Elles vont de 2 à 5.000 francs suisses, ce qui dans nombre de pays pauvres représente une fortune. La liste est longue des organisations qui ont bénéficié de cette maigre bourse . L'an dernier, il y avait en effet plus de 300.000 francs suisses à placer. L'une de ces bénéficiaires est cette Roumaine élevée dans un orphelinat . Elle avait, à son tour, abandonné son enfant à l'orphelinat et entrepris le commerce de la drogue dans les rues, elle-même, bien entendu, dépendante de la drogue . Une organisation, Concordia , a pris en charge sa rééducation. La voici sur la photo, belle , souriante , heureuse de porter l'enfant. Grâce à l'aide apportée par Concordia elle a quitté la rue et brisé le cercle vicieux d'un schéma répétitif . |
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Une autre bénéficiaire est
cette Terre Oubliée d'Eufemia Marchino. Euphémie est née en Colombie dans le département de Choco . Elle est jeune et belle et s'occupe d'une association qui porte le nom de Terre Oubliée . Située sur la côte Pacifique de la Colombie, inondée par les raz-de-marée dans les années 70, encore menacée par d'autres raz-de-marée et par le réchauffement de la planète, la région est difficile d'accès . On ne peut y arriver que par voie de mer ou d'air. Le but d'Euphémie est de venir en aide aux enfants et aux vieillards de son village natal: El Valle del Choco. Le village compte 6.000 habitants et n'a d'autre source de subsistance que la pêche et les minicultures de manioc, de riz, de banannes qui permettent à peine de subsister. Les femmes accomplissent tous les travaux, mêmes ceux de la pêche. Les hommes vont au large avec l'espoir de trouver le gros poisson ... et jouent aux cartes. Contrairement au reste de la Colombie la population de Choco est bien protégée du contact de la guerilla . Fait exceptionnel en Amérique Latine. De Genève, où elle habite depuis 20 ans, Euphémie se consacre à son projet. Son mari en est le soutien et le pilier. Elle s'est d'abord fait accepter par son peuple lors de fréquents voyages en compagnie de celui-.ci . Il n'est pas facile de se faire accepter ou d'initier une association apolitique . Une Suissesse, Gabrielle Todisco est allée sur place travailler bénévolement dans le cadre de ce projet humanitaire . Elle avait parcouru toute l'Amérique du Sud et nulle part elle n'a rencontré un peuple aussi aimable . Elle s'occupe de la cantine scolaire dans un batiment délabré mis à sa disposition par la communauté villageoise . Quand il pleut les enfants ne peuvent pas s'abriter. Elle a appris la langue espagnole pour mieux s'intégrer. Soutenue par les femmes elle est parvenue à faire travailler les hommes . Elle a donné un coup de fouet aux habitants trop encliins à se laiser mourir lentement . Là où rien ne se passait elle a créé une dynamique, une conscience nutritionnelle : cent cinquante enfants, vingt deux personnes âgées viennent manger à midi, mais encore, on ne saurait mesurer l'ampleur du changement de mentalité et de comportement provoquée par une présence aussi structurée. Même la violence domestique a diminué. |
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On a imaginé que le gouvernement suisse fournissait
l'argent . Gabrielle a prouvé que l'engagement de quelques
personnes privées réunies en comité a fait
la différence et le changement de mentalité. Bien
entendu, la petite contribution des Dames des Nations Unies a
servi à maintenir la continuité de l'effort. Fawzia Assaad |