Fondation Pierre Gianadda,

Martigny - Suisse

  Grand Théâtre de Genève

Exposition Van Gogh
  Opéras de compositeurs sudaméricains

GRAND THÉÂTRE DE GENEVE

 

OPÉRAS DE COMPOSITEURS SUDAMÉRICAINS

   
 "La Purpura de la Rosa"  "La Purpura de la Rosa"

 

La saison 2000/2001 s'est ouverte le 12 septembre avec "BEATRIX CENCI " du compositeur argentin Alberto GINASTERA (1916-1983). Cette oeuvre commandée par l'Opéra de Washington et composée à Genève fut représentée au Kennedy Center le 10 septembre 1971.

Cette nouvelle production du Grand Théâtre de Genève est aussi la création européenne de cet opéra. L'argument? Un fait-divers de la fin du XVI ème siècle dans la région romaine : Beatrix Cenci victime d'un père incestueux s'en débarrassera en le faisant assassiner par des proches; elle-même et les autres conjurés seront jugés et condamnés à la peine capitale par les tribunaux ecclésiastiques.

La tragédie de cette famille inspirera des peintres comme GUIDO RENI, des écrivains: STENDHAL, Alexandre DUMAS et Antonin ARTAUD dont la pièce est à la base du livret de l'opéra de GINASTERA.

" BEATRIX CENCI " a été donnée les 12, 15, 17, 19, 22 et 24 septembre avec Gisèle BEN-DOR à la tête de l'orchestre de la Suisse Romande. La mise en scène et les décors sont de Francisco NEGRIN et Anthony BAKER, les costumes d'Anthony BAKER, et les lumières sous la responsabilité de Wolfgang GOBBEL: ce trio avait déjà monté " NORMA " de BELLINI la saison passée avec June ANDERSON dans le rôle-titre.

Ainsi en moins d'un an le Grand Théâtre de Genève aura présenté deux opéras de compositeurs sudaméricains. En effet parmi les productions du Grand Théâtre de Genève de la saison passée lune des plus intéressantes fut " La Purpura de la Rosa ", opéra-ballet de Tomas de Torrejon y Velasco sur un livret de Calderon de la Barca. Les amours de Venus et d Adonis en sont le sujet.

Adonis victime de la jalousie du dieu Mars sera blessé à mort par un sanglier et son sang teindra de pourpre des roses jusque là blanches.

Cet opéra commandé par le vice-roi du Pérou à l'occasion des 18 ans et de l'événement de Philippe V fut représenté à Lima en 1701 ce qui en fait le premier à être joué dans le Nouveau Monde et peut-être le seul opéra latino-américain baroque.

Cette oeuvre est entièrement dansée. Les chanteurs sont doublés par des danseurs, l'esprit de l'oeuvre est baroque mais la vision moderne.

 

Renée AUPHAN, Directrice générale du Grand Théâtre

 Renée AUPHAN, Directrice générale du Grand Théâtre souhaitant des chorégraphies qui soient des spectacles à part entière demanda au chorégraphe Oscar ARAIZ -qui de 1981 à 1988 dirigea le ballet du Grand Théâtre de Genève- d'en assurer la chorégraphie et la mise en scène.

La direction et la réalisation musicale furent confiées au chef Gabriel GARRIDO spécialiste de la musique baroque d'Amérique latine à la tête du grand ensemble ELYMA qu'il créa à Genève en 1981.-Cet ensemble composé de chanteurs et instrumentistes spécialisés dans les musiques latines de la Renaissance et de l'époque baroque , participe depuis plusieurs années à la découverte des musiques anciennes d'Amérique latine-

L'oeuvre fut donnée en octobre 1999 dans la salle Turretini du Bâtiment des Forces Motrices (BFM) à Genève . C'est dans ce bâtiment que la saison 1997-1998 du Grand Théâtre de Genève se déroula en raison de l'ampleur des travaux de rénovation et de restauration entrepris au Grand Théâtre. Cette nouvelle salle permit à l'opéra l'accès d'un nouveau public ainsi que la présentation " d'opéras serias"comme XERXES de HAENDEL et MITHRIDATE l'un des premiers opéras de MOZART.

Maintenant que le Grand Théâtre est rentré dans ses murs, le Bâtiment des Forces Motrices est utilisé par le corps de ballet du Grand Théâtre et pour des oeuvres lyriques ne faisant pas appel à des décors grandioses et une machinerie compliquée. Ainsi en janvier 1999 on put y voir l'opéra de Tania LEON sur un livret de Wole SOYINKA "Le maléfice des Jacinthes" dans une mise en scène de Robert WILSON, et durant cette saison on y donna COSI FAN TUTTE.

 

 

Pour Madame AUPHAN, qui aime devoir investir des lieux où L'on doit encore explorer, où tout na pas totalement été expérimenté, où nombre de difficultés peuvent se poser, monter "La Purpura de la Rosa" correspondait à une véritable création car au fil des répétitions on découvrait toutes les difficultés qu'il fallait contourner, dans un lieu qui n'était pas à proprement parlé conçu pour l'opéra et où on se trouvait confronté à des problèmes de décorations, ainsi la nécessité d'un décor spécialement fabriqué pour ce théâtre et adapté à la scène. " Dans ce Bâtiment des Forces Motrices expérimenté pendant une année, on est arrivé à savoir ce qu'on pouvait faire ou ne pas faire. Sans machinerie comparable à ce qui existait à l'époque baroque on a été obligé daller à l'essentiel c'est à dire à quelque chose de facilement montable. Par ailleurs comme il y avait un projet de tournée (Madrid, d'autres villes européennes, Mexico...) dés le départ il avait été prévu de concevoir le spectacle de manière à ce qu'il puisse se réadapter assez vite à un autre théâtre, la conception en fut archisimple et l'oeuvre pouvait être jouée dans n'importe quelle salle, voir presque en plein air, sans machinerie pour la bonne raison qu'au Bâtiment des Forces Motrices il n'y a pas de machinerie, ni de cintres ".

RENÉE AUPHAN donc désireuse de donner un spectacle alliant le chant et la danse, et que l'esprit en fût baroque, s'enthousiasma pour "La Purpura de la Rosa"dont elle trouva le livret dune poésie extraordinaire et dont la musique bien que donnant l'impression d'être toujours la même sans quelle le soit vraiment et de ce fait dans le droit fil du " recitar cantando"des premiers opéras qui focalisaient l'intérêt sur les paroles, fait de cette oeuvre un ancêtre direct de l'opéra contemporain.

Le directeur musical Gabriel GARRIDO et le chorégraphe metteur en scène Oscar ARAIZ firent le pari de mélanger l'expression du corps contemporaine avec l'art baroque. A partir du moment où il y a ballet l'expression de ce ballet qui est forcément moderne doit s'exprimer dans des lieux appropriés c'est à dire sans accessoires, ni machinerie. Un grand carré vide suffit où les danseurs peuvent évoluer de tous côtés; ce qui est important c'est le plancher et ce que les danseurs font.

Certains effets ne sont pas anodins, et ne sont pas remplaçables par d'autres ainsi le son venant de différents endroits donne toujours l'idée d'universel. Dans la mise en scène l'Amérique latine a été prise comme un tout et non pas morcelée ni dans le temps, ni dans l'espace. Les couleurs des costumes sont celles des merveilleux tissus guatémaltèques; et les anges "arquebusiers "sont propres à l'art "colonial"c'est à dire à l'art des églises baroques d'Amérique latine.

A deux jours de la première, Madame AUPHAN nous confia quelle adorait; que la distribution était de rêve mais que pour un public profane il n'était pas gravé dans le marbre que ce spectacle "passerait" complètement mais ajouta-t-elle " c'est toute l'histoire du baroque il y a toute une partie du public qui ne le supporte pas et une autre qui l'idolâtre ".

Mais le public genevois a bien répondu et les critiques dans l'ensemble ont été très bonnes.

" Le BMF a réservé un accueil chaleureux aux enfants prodigues de Genève. Óscar ARAIZ et Gabriel GARRIDO ont été salués avec entrain à l'issue de la première

l'ensemble ELYMA est rodé au style frais et coloré des musiques latines anciennes..."

(TRIBUNE DE GENÈVE)

" ...La " Purpura de la Rosa" réussit l'étrange et séduisant paradoxe d'un spectacle à la fois intimiste et festif, porté par des voix magnifiques servant de très belles mélodies...et par des instruments inattendus tels que cornets et saqueboutes... "

(LE MATIN)

"Le ballet du Grand Théâtre trouve ici un terrain d'expression fertile et festif, il dessine l'espace de l'expression théâtrale en magnifiant la musique et le livret.

A nouveau Renée AUPHAN réussit une distribution équilibrée, faites de vraies personnalités vocales".

(24 HEURES)

" Le plus impressionnant demeure l'exemplaire cohérence du spectacle dont l'ensemble aboutit à un événement rare "

(NEUE ZÜRCHER ZEITUNG)