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PROMENADE EQUATORIALE |
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| Exposé d'Aline Dedeyan - 15 avril 2003 - Table ronde ONG sur la Convention du génocide - 59e session de la Commission des droits de l'Homme |
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| Opéra - par Léon ROJAL « LE TOUR D'ECROU » DE BENJAMIN BRITTEN À GENÈVE |
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| FEMMES DE DICTATEURS Juan Gasparini |
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| PROMENADE BÂLOISE Léon Rojal |
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Opéra
par Léon ROJAL
Cet opéra de chambre, coproduction du Grand Théâtre de Genève et de l’Opéra de Nancy et de Lorraine se donne au Bâtiment des Forces Motrices dans une mise en scène de Nicolas Brieger. C’est la deuxième fois que Nicolas Brieger met en scène un opéra à Genève : sa mémorable « Lady Macbeth de Mzensk » de Dimitri Chostakovitch avait ouvert la saison 2001-2002. La scénographie était de Mathias Fischer- Dieskau qui signe aussi celle du Tour d’Ecrou. La mise en scène très dépouillée occupe néanmoins la totalité de l’espace scénique : des plans verticaux glissent, se croisent, s’entrecroisent au début de chaque tableau, parfois opaques, parfois transparents ou encore plans-miroir dont l’image qu’ils renvoient est peut-être celle de ce double qui porte le « petit tas de secrets » qu’est toute vie humaine et ce dès l’enfance. Par leur disposition, ces plans délimitent la salle de classe et de jeu des enfants, la chambre du garçon ou suggèrent les abords, l’entrée de la demeure, ses couloirs où la gouvernante se perd, ces couloirs-labyrinthes où son esprit s’égare. Tout au long de l’opéra, la pression s’accentuera et ce véritable ballet que constitue la mise en place des plans, cette géométrie dans l’espace fait voir ce que la musique de Britten alors fait entendre, qu’un nouveau tour d’écrou est donné. Le Tour d’Ecrou c’est l’histoire de deux enfants : terribles? pervers? pervertis? ou tout simplement normaux ? mais victimes de l’amour-pavé de l’ours d’une femme pure « vêtue de lin blanc et de probité candide » qui veut préserver leur innocence ? Flora la fillette se rebellera contre cet amour excessif mais Miles en mourra. Miles aussi est en blanc, la couleur de sa mort annoncée. Dans le rôle écrasant de la gouvernante Joan Rodgers par sa voix et son jeu est des plus convaincantes. Les voix de l’innocence sont pour beaucoup dans le malaise qui s’installe chez le spectateur, de chansons enfantines en chansons enfantines on arrive à la complainte déchirante de Miles : « Malo, malo… » qui est le fil rouge de l’opéra. Quand l’action commence, deux des protagonistes sont morts tragiquement : Quint le majordome séducteur, d’une chute de cheval sur une route verglacée, Miss Jessel gouvernante séduite s’est jetée dans le lac voisin de la demeure. Quand ils apparaissent sont-ce des fantômes qui hantent la maison et ses abords ou bien les fantasmes de la nouvelle gouvernante ? Kobie van Resenburg (Quint) et Emma Bell (Miss Jessel) ont les voix séductrices qui conviennent à leur rôle. Mrs Grose nourrice-intendante entièrement dévouée aux enfants est involontairement le mauvais génie de la gouvernante, c’est elle qui lui remet dès son arrivée, la lettre annonçant le renvoi de Miles du collège « car il constitue un danger pour ses camarades » ; après l’accueil chaleureux des enfants, leurs manifestations d’amitié, cette lettre est un seau d’eau froide pour la gouvernante ; c’est Mrs Grose qui lui racontera l’histoire tragique et combien perturbante de Quint et de Miss Jessel ; c’est encore elle qui la poussera à écrire au tuteur des enfants, malgré la défense expresse de ce dernier, pour lui faire savoir qu’ils sont perturbés, qu’ils se livrent peut-être à des jeux interdits ; c’est toujours Mrs Grose qui lui apprendra que sa lettre n’est jamais partie : Miles l’ayant subtilisée. Chaque intervention de la nourrice fortifie l’amour étouffant que la gouvernante porte aux enfants et apparaît comme un nouveau tour d’écrou. Della Jones dans le rôle de Mrs Grose se taille un beau succès. Quant à l’interprétation de Jeffrey Tate qui dirige treize sollistes de l’Orchestre de la Suisse Romande, elle met en lumière ô combien ! le caractère séducteur de la musique de Britten. Léon Rojal |