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L'UIP en bref :
Q: Qu'est-ce que l'UIP ? A.B.J. : L'Union interparlementaire est un forum politique unique en son genre. Elle réunit des membres de parlements du monde entier, représentant tous les systèmes politiques, aussi bien des partis au pouvoir que de ceux de l'opposition. Les conférences de l'UIP sont donc un baromètre qui permet de prendre le pouls de l'opinion et des tendances politiques mondiales. |
Q : Quels sont les objectifs de l'UIP ?
A.B.J. : L'UIP poursuit deux objectifs fondamentaux : favoriser la paix et la sécurité par le dialogue et promouvoir la démocratie. Chaque année, nous organisons deux conférences statutaires et des réunions connexes, à l'invitation des parlements. Lors de ces conférences, quelque sept cents représentants de parlements, issus de partis de toutes les tendances, se rencontrent pour échanger leurs expériences, étudier des possibilités de coopération au niveau bilatéral, régional et international et adopter des résolutions, dont les recommandations sont ensuite adressées aux Parlements et gouvernements ainsi qu'à l'Assemblée générale de l'ONU. L'UIP organise également des rencontres parlementaires sur des thèmes spécifiques, telles que celle mise sur pied à l'occasion de la CNUCED X à Bangkok, ou celle que nous préparons actuellement sur le commerce international et qui devrait avoir lieu en juin prochain à Genève.
Q : A quoi servent concrètement les conférences interparlementaires ?
A.B.J. : Elles favorisent les contacts bilatéraux, par exemple entre Etats qui ont des contentieux à régler. Elles sont aussi le lieu de rencontres multilatérales et de négociations politiques, en deux mots elles sont l'antre par excellence de la diplomatie parlementaire. L'UIP a également créé un mécanisme de promotion de la sécurité et la coopération en Méditerranée, comme elle l'avait fait précédemment en Europe. Elle a tenu trois Conférences, dont la dernière a eu lieu cette année à Marseille. L'UIP dispose également d'un Comité sur les Questions relatives au Moyen-Orient qui, réunit, lors des conférences interparlementaires, des représentants des parlements arabes, palestinien et israélien. Nous avons également l'intention d'organiser, dès que la situation le permet, une réunion du Comité avec le Président de la Knesset, M. Avraham Burg et le Président du Conseil législatif Palestinien, M. Ahmed Qurie, Abu Ala, à Paris et à l'invitation du Parlement français.
Q : Que fait l'UIP pour promouvoir la démocratie ?
A.B.J. : En tant qu'organisation mondiale des élus du peuple, l'UIP mène un vaste programme de promotion de la démocratie, en trois volets : le premier vise à renforcer les Parlements, le second à promouvoir le partenariat entre hommes et femmes dans la vie politique et le troisième à défendre les droits de l'homme. L'UIP est la source d'information de référence sur les parlements du monde, leur structure et leur fonctionnement. Elle mène des études comparatives et a publié celle qui est sans doute la première monographie au niveau mondial sur le "Mandat parlementaire".
Q : L'UIP est-elle active sur le terrain ?
A.B.J. : Oui. L'UIP sert de relais à l'assistance technique en faveur des parlements. Nous gérons actuellement, en collaboration avec le PNUD et l'Union européenne, des projets au Burundi, Ethiopie, Cambodge, Gabon, Kirghizstan, Laos, Yémen, Cambodge, Tadjikistan. Des projets sont en cours d'élaboration en Guinée Equatoriale et en Gambie. Nous organisations aussi des séminaires régionaux, sur des thèmes tels que les relations entre les partis de la majorité et de l'opposition ou les parlements et le processus budgétaire.
Q : Qui finance l'UIP ?
A.B.J.: L'UIP est financée directement par ses membres, sur des fonds publics. Le budget de l'exercice 2001 est de dix millions de francs suisses. Par contre, les activités extrabudgétaires telles que l'assistance aux parlements sont financées par des contributions volontaires.
Q : Que fait l'UIP pour promouvoir le partenariat entre hommes et femmes en politique?
A.B.J. : Dans la "Déclaration universelle sur la démocratie", adoptée en 1997, l'UIP stipule qu'il ne saurait y avoir de démocratie sans un véritable partenariat entre hommes et femmes dans la conduite des affaires politiques. Elle développe donc ce partenariat en gérant une banque de données, disponible sur notre site Internet http://www.ipu.org et en publiant des études pour évaluer les progrès enregistrés. Par exemple, le "Bilan de l'évolution au sein des parlements nationaux, des partis politiques, des gouvernements et de l'UIP, cinq ans après la Quatrième Conférence mondiale sur les femmes de Beijing",ou l'ouvrage "Politique : les femmes témoignent", basé sur une série d'entretiens avec quelque 200 femmes politiques. Sans oublier la carte conjointe UIP/ONU qui illustre la participation des femmes dans les parlements et dans les gouvernements nationaux.
Q : Qu'en est-il de la question des droits de l'homme ?
A.B.J. :Le Parlement est le garant du respect du droit de la personne. Les parlementaires de l'UIP mènent ainsi une action continue pour renforcer cette fonction. Pour que les parlements et leurs membres puissent promouvoir et faire respecter les droits de l'homme dans leur pays, il est essentiel que les droits de l'homme des parlementaires soient eux-mêmes respectés. C'est pourquoi l'UIP a créé, en 1976, le Comité des droits de l'homme des parlementaires, composé de cinq parlementaires venus des cinq régions du monde, qui se réunit quatre fois par année à huis clos, et qui examine les plaintes pour violation des droits de l'homme des parlementaires. Par un dialogue avec les autorités nationales concernées et des missions sur place, le Comité s'efforce d'établir les faits et d'obtenir réparation. Depuis son entrée en fonction, en 1977, le Comité a examiné 1437 cas de parlementaires dans 87 pays, la majorité des cas concernent des parlementaires privés de leur mandat ou menacés, poursuivis, privés de liberté, voire torturés ou assassinés pour avoir exercé leur droit à la libre expression. Pour ce qui est de l'Amérique latine, l'UIP a condamné récemment l'enlèvement de parlementaires colombiens par les forces paramilitaires et la guérilla. L'UIP publie aussi des manuels à l'usage des parlementaires, comme le guide intitulé "Respecter et faire respecter le droit international humanitaire", que nous avons lancé conjointement avec le CICR. En une année, ce guide a déjà été traduit en plus de dix langues, dont l'espagnol, et, lors la conférence interparlementaire que nous avons tenue à Djakarta, la version indonésienne de ce guide a été remise officiellement par le Président du Parlement indonésien aux représentants des forces armées, de la police et de la justice de ce pays.
Q : L'UIP a organisé la première conférence des Présidents de parlements nationaux au Siège de l'ONU, dans le cadre de l'Assemblée du Millénaire et à la veille du Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement. Pourquoi ?
A.B.J. : Ce sommet, le premier du genre, a été ouvert par le Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, et plus de 150 Présidents venus de 140 parlements nationaux, certains pays étant représentés par les Présidents des deux Chambres, y ont participé. Il avait pour objectif de souligner l'engagement des parlements du monde au renforcement de la coopération multilatérale, animée par une ONU réformée et dotée de mécanismes par lesquels les peuples du monde se sentent associés à l'action des organisations internationales. Les parlements nationaux, constitués d'hommes et de femmes élus par leurs peuples, doivent jouer un rôle plus actif dans les prises de décisions internationales qui affectent la vie des citoyens. L'ONU est l'organisation mondiale des Etats, il est donc logique qu'elle renforce sa collaboration avec l'organisation mondiale des Parlements, pour rendre plus effective la relation directe entre les Exécutifs et les Législatifs du monde. L'interaction accrue entre parlements nationaux et institutions multilatérales apportera à ces dernières davantage de transparence et renforcera la capacité de mise en oeuvre des politiques et des programmes approuvés au sein des forum internationaux, puisque ces résolutions requièrent la ratification par les parlements et l'adoption par ces derniers des budgets nécessaires au financement de la mise en oeuvre de ces programmes.
Luisa Ballin, Chargée de l'Information à l'UIP